Un métier émergent pose une difficulté assez particulière en ingénierie de certification : il faut formaliser un métier qui existe déjà dans les organisations, mais dont les contours ne sont pas encore totalement stabilisés.
Les intitulés peuvent varier d’une entreprise à l’autre. Les missions se répartissent parfois entre plusieurs fonctions existantes. Les technologies évoluent rapidement. Les fiches métiers sont encore rares et l’offre de certification existante ne permet pas toujours de trouver un équivalent évident.
C’est précisément ce qui rend le travail intéressant.
Au cours de plusieurs projets de certification portant sur des métiers émergents, un même constat s’est imposé : on ne peut pas commencer par écrire les compétences.
Avant le référentiel, il faut définir le métier
La première étape consiste à rechercher ce qui constitue réellement le cœur de l’activité professionnelle.
Il faut notamment identifier :
- les situations de travail caractéristiques ;
- les responsabilités réellement exercées ;
- le niveau d’autonomie attendu ;
- les interfaces avec les autres métiers ;
- les décisions que le professionnel est amené à prendre ;
- les compétences qui lui sont propres et celles qui relèvent de métiers voisins.
Cette étape peut conduire à faire évoluer significativement la représentation initiale du métier.
Un intitulé peut mettre en avant une technologie alors que l’analyse montre que la valeur du professionnel réside davantage dans sa capacité à concevoir, arbitrer, intégrer ou piloter.
À l’inverse, une compétence qui semblait essentielle peut apparaître comme une compétence contributive déjà portée par un autre métier.
Identifier ce qui est émergent… et ce qui est durable
L’autre enjeu consiste à ne pas confondre émergence du métier et nouveauté des outils.
Dans les secteurs technologiques notamment, la tentation est forte de construire le référentiel autour des technologies du moment.
Mais une certification doit pouvoir conserver sa valeur au-delà d’une version de logiciel, d’une plateforme ou d’une technologie particulière.
Le travail consiste donc à distinguer :
les moyens utilisés aujourd’hui de la compétence professionnelle qu’ils permettent de mobiliser.
Ce déplacement est essentiel pour construire un référentiel à la fois actuel et suffisamment robuste pour accompagner l’évolution du métier.
Le manque de références devient lui-même une information
Sur un métier bien installé, les comparaisons sont nombreuses : certifications existantes, fiches métiers, nomenclatures, offres d’emploi, études sectorielles.
Sur un métier émergent, ces sources sont souvent plus dispersées.
Cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de besoin professionnel. Il faut simplement construire la démonstration autrement, en croisant les signaux disponibles : évolution des organisations, besoins exprimés par les entreprises, métiers connexes, transformation des activités et apparition de nouvelles responsabilités.
Finalement, construire une certification sur un métier émergent revient moins à photographier un métier parfaitement stabilisé qu’à identifier ce qui est déjà suffisamment structuré pour constituer un véritable champ professionnel.
C’est aussi pour cela que, sur ce type de projet, le cadrage du métier est souvent aussi important que la rédaction du référentiel lui-même.
Vous travaillez sur la création ou le repositionnement d’une certification RNCP ? Edulead Solutions accompagne les organismes certificateurs du cadrage du projet jusqu’à la structuration des référentiels.



